Prendre femme, tome 2.

Policier.

Sortie le 14 janvier 2016,

aux éditions Fleuve Noir.

532 pages.

Le 12 septembre 1993, dans la petite commune italienne de P., Gloria Prats quitte son amie Elena pour un rendez-vous furtif. Elle franchit le perron de l'église de la Miséricorde. Mais les minutes deviennent des heures, et Gloria ne ressort pas. Une fugue ? Un enlèvement ? Pire encore ? Tous les regards se tournent vers Damiano, étrange jeune homme aux déviances notoires, connu pour collectionner les mèches de cheveux des jeunes filles... Une enquête s'ouvre, sans corps, sans explication. Dans la petite communauté municipale, la colère et l'indignation grondent. L'ombre des magistrats menace. Chaque pierre se met bientôt à vibrer du silence de la disparue. L'histoire retiendra que ce 12 septembre à P., les minutes sont devenues des heures. Et le temps, un bourreau.

Source: Externe

 

Le premier tome me faisait de l’œil depuis sa sortie alors quand j'ai eu l'occasion de lire celui-ci, j'ai sauté sur l'occasion. Les deux romans peuvent se lire indépendamment malgré le fait qu'il y ait un personnage commun.

 

La première chose à dire (c'est d'ailleurs la première chose qui saute aux yeux), c'est que le style de l'auteur, ou en tout cas de ce roman, est très particulier. Je pense qu'il pourra rebuter certains lecteurs mais, en refermant ce roman, je me rends compte qu'il est vraiment bien adapté à l'histoire.

Marie Neuser nous balade donc entre différentes époques, selon différents points de vue, narrés de différentes façons : entre 1993 et 2010, avec les nombreuses versions des habitants de P., on a l'embarras du choix pour se faire notre propre idée quant au coupable.

 

Du coup, les personnages sont assez nombreux à rentrer en scène et à avoir un rôle dans cette enquête. Je n'ai eu aucun mal à différencier chacun, mis à part peut-être les différents protagonistes de l'ordre religieux mais c'est assez vite rentré dans l'ordre.

L'auteur ne nous laisse pas vraiment le choix : on prend pitié pour certains noms, on en déteste d'emblée d'autres. Le manichéisme est assez présent tout au long du roman mais, pour une fois, ça ne m'a pas gêné car cela permet de soulever des sujets épineux.

 

L'intrigue est assez basique mais la forme du récit fait que l'on ne peut pas lâcher l'histoire avant de connaître la fin. Le coupable est connu très rapidement mais des dizaines de petits détails nous échappent jusqu'à ce que l'auteur les mettent en lumière. De là naît une enquête beaucoup plus complexe qu'elle en avait l'air au départ.

Comme je le disais, on aborde également des thèmes souvent passés sous silence comme la pédophilie au sein de l'Eglise, la corruption de la justice ainsi que le pouvoir de l'argent. J'ai beaucoup aimé cet aspect, qui colle parfaitement au cliché de l'Italie mafieuse qui fait taire les trop bavards.

J'ai encore plus envie de découvrir le premier tome qui traite d'une enquête plus récente que celle de Gloria mais qui la rejoint. Je ne sais pas s'il est plus pertinent de les lire dans l'ordre mais dans cette suite, on revient à la naissance des fantasmes du meurtrier.

 

En bref, c'est une très bonne lecture malgré une enquête banale. Le découpage du récit fait toute la différence et j'admire vraiment le travail de Marie Neuser sur ce point. La remise en question du fonctionnement de la Justice donne un aspect différent et plus pertinent à l'histoire.

 

J'ai lu ce roman grâce à l'opération «Le club des Ambassadeurs 12-21» organisée par les éditions, je les en remercie.

Il me permet de participer au challenge gourmand, le vin : «Pour rompre le pain et boire le vin, il faut du vin et du pain.»

 

Pour aller plus loin : La bibliographie de l'auteurLes autres tomes de la saga 

 

Fiche Babelio de l'auteur Site des éditions Fleuve

 

Source: Externe

 

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