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Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges. Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.

 

Frise

 

Le résumé m'a tout de suite attiré à cause d'une similarité étrange avec les atrocités de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Dès les premiers chapitres, le lecteur comprend qu'il est plongé dans un récit atypique, dur et sombre. Charlotte Wood laisse planer le mystère sur les repères spatio-temporels de son histoire et l'alternance des points de vue n'aide pas réellement à y voir plus clair.

 

Les dix personnages féminins sont donc captives mais nous nous concentrons seulement sur trois ou quatre. On suit la lente déchéance de ces filles qui se retrouvent coincées dans un «camp», obligées de construire une route pour pouvoir en sortir. La psychologie des protagonistes est assez bien rendue dans l'ensemble, chaque fille a un parcours et une évolution différente face à la situation.

Les deux personnages masculins incarnent le Mal et l'autorité mais ont également une place intéressante au fil des pages, devenant presque touchants eux aussi.

 

Honnêtement, l'intrigue m'a beaucoup plu. Cette histoire de captivité, de travaux forcés, une sorte de parallèle avec certains camps malheureusement bien connus m'intriguait énormément.

Néanmoins, certains détails me chagrinent voire me dérangent carrément. Tout d'abord, l'insistance de l'auteure a nous détailler des scènes de torture animale... La redondance des scènes devient dérangeante et le côté malsain de l'obsession de la nourriture s'est transformé en réel dégoût pour moi. L'apothéose venant lors d'une scène tout à fait gratuite en fin de roman.

La plupart des avis sur la blogosphère condamne l'absence totale d'explications de Charlotte Wood. Effectivement, quelques détails nous sont donnés sur le passé des personnages mais ce sont uniquement des bribes très vagues qui ressemblent même parfois à des suppositions. Il est vrai que c'est perturbant de ne pas savoir le pourquoi du comment mais je ne pense pas que ce soit le but de l'auteure de nous livrer une enquête sur les «kidnappeurs».

Selon moi, le message est plutôt de nature psychologique et se résume parfaitement au titre : La nature des choses. Que devient-on lorsque l'on est livré à nous-mêmes, sans plus aucune aide extérieure, technologie ou progrès scientifique ? Quelle est notre vraie nature, sous les couches successives de l'Évolution et de la Société ? Des pistes de réflexion profondes et très intéressantes.

 

En bref, cette lecture ne plaira pas à tout le monde, c'est sûr ! Le côté atypique de l'intrigue imaginée par Charlotte Wood en fait plus un drame qu'un thriller pur et dur : les friands de scènes gores et glauques seront servis mais il ne faut pas s'attendre à avoir une histoire structurée avec un dénouement clair. À tenter si l'on veut se poser de vraies questions sur la nature humaine mais attention aux scènes choquantes.

 

Frise

 

J'ai lu ce roman grâce à NetGalley et aux éditions JC Lattès, que je remercie.

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Il me permet de participer au challenge Big Bang Littéraire, Tome 1/One-shot.

 

Pour aller plus loin : La bibliographie de l'auteure

 

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