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Il y a pire que de tuer quelqu'un : ne pas savoir si on l'a tué.

Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d'abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l'acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l'abri de faire de leurs fictions une réalité.

Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd'hui où il en est. À force d'inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n'aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu'il est persuadé d'avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d'être inspirées de faits réels, l'étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer.

 

Frise

 

Paul Cleave est un auteur de référence depuis quelques années, sans parler des éditions Sonatine spécialisées dans le (très bon) thriller.

 

J'ai beaucoup de mal à mettre mes idées en place pour cet avis, ce qui me paraît être le reflet de ma lecture et du récit en lui-même.

Le lecteur va naviguer pendant plus de 450 pages entre le Jerry d'avant, le Jerry de maintenant et son «double» Henry Cutter. Il faut bien s'accrocher dès le départ pour ne rien louper et, surtout, ne jamais laisser son attention divaguer vers d'autres horizons par crainte de ne plus rien comprendre... ce qui a été mon cas dans la dernière partie.

 

Dans un premier temps, Jerry est touchant à cause de sa maladie qu'il ne contrôle pas et qui le met dans des états seconds. À 49 ans, je peux comprendre qu'il soit dur d’accepter de perdre la mémoire et de finir, à court terme, complètement dépendant des autres.

Malheureusement, cet aspect du personnage va vite se noyer sous beaucoup trop d'informations différentes et souvent contradictoires. Le lecteur est amené à se concentrer sur l'intrigue, quitte à ne plus du tout s'attacher aux protagonistes.

 

D'après le résumé, l'intrigue avait tout pour me plaire. La perte de mémoire est un sujet vastement utilisé, notamment dans ces dernières années, mais le choix de Paul Cleave d'aborder la maladie d'Alzheimer et la déchéance des patients m'a interpellé. C'est évidemment un parti pris très intéressant et qui méritait d'être approcher pour tous les à-côtés que cet état entraîne, notamment au niveau des proches et du personnel soignant. Le fait que l'on puisse également savoir comment le patient lui-même ressent les choses est vraiment une bonne idée.

Cependant, je pense que l'auteur a voulu trop en faire et s'est perdu (et moi en même temps!) en chemin. Outre la maladie d'Alzheimer, il décortique aussi le métier d'auteur ainsi que les efforts personnels que cela implique : recherches documentaires, psychologie des personnages, crédibilité des intrigues. Tant de points qu'un auteur se doit de travailler pour exécuter un travail de qualité, au point parfois de s'y perdre lui-même.

Et c'est là que, selon moi, il y a un problème. Les nombreux rebondissements m'ont paru vraiment flou et parfois carrément incohérents : Jerry dit ça à cause de la maladie ? Est-ce qu'il devient schizophrène à cause de son pseudonyme ? Est-ce réel ou essaye-t-on de lui faire croire que ça l'est ?

En soi, ce genre de suspense me plaît mais là, c'est trop embrouillé pour moi. J'avais déjà ressenti cette frustration dans un roman de Fitzek et c'est une sensation qui me déplaît.

La dernière partie m'a donc laissé de marbre puisque je ne savais plus à quoi me rattacher.

 

En bref, un thriller sur la mémoire qui a sûrement un énorme potentiel au vu du résumé et des avis positifs que j'ai pu lire. Malheureusement, Paul Cleave a sur-estimé mes compétences et m'a perdu en chemin après plusieurs changements d'identités et deux sujets centraux trop emmêlés.

 

Frise

 

J'ai lu ce roman grâce à NetGalley et aux éditions Sonatine que je remercie.

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Il me permet de participer au challenge Pioche dans ma PAL, en duo avec Azilis.

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au challenge Des gages ta PAL ! #9, pour la catégorie «Couverture en noir et blanc» et "Note supérieure à 16/20"

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et au challenge Big Bang Littéraire #2, Tome 1/One-shot.

 

Pour aller plus loin : La bibliographie de l'auteur

 

Du même auteur, sur le blog :

Joe Middleton, tome 1 : Un employé modèle

 

Où trouver ce titre ?

 

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