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2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue. 

 

Frise

 

Laurent Gaudé est un auteur français renommé que j'ai déjà pu découvrir grâce à son Prix Goncourt.

 

Sa plume est assez particulière je trouve : il arrive à retranscrire des ambiances d'une manière qui fait voyager le lecteur. Ici, on découvre Naples et son atmopshère typiquement italienne.

Le double point de vue avec l'alternance de deux époques est très intéressant et amène du suspense dès les premières pages, ce qui est plutôt agréable dans un si court roman.


Filippo, le personnage principal, est un homme qui doit faire face au deuil de son fils suite à une balle perdue... Son évolution est crédible et encore une fois, très bien maîtrisée. Le lecteur ressent sa peine, sa colère et parfois même son désespoir face à son impuissance et à la demande de sa femme de pouvoir faire revenir son fils.

Quant aux personnages secondaires, ils ont tous une personnalité travaillée et atypique ce qui permet de se sentir plus proche du groupe qui se forme petit à petit. Les liens entre eux se resserrent vite mais cela ne paraît pas surfait ou forcé.

 

Vous le savez désormais, je lis très rarement les résumés et jamais en entier. Cette habitude m'a valu une grosse surprise à la lecture de ce roman qui glisse doucement vers un univers fantastique auquel je ne m'attendais pas et qui m'a finalement dérangé. En effet, les sujets abordés comme le deuil et le sacrifice m'intéressaient énormément mais le choix de l'auteur m'a donné l'impression d'avoir une coupure en milieu de récit et de partir dans une toute autre histoire, beaucoup moins réelle et malheureusement moins percutante à mes yeux. Le côté mythologique des Enfers aurait pu être exploité dans une métaphore ou une allégorie qui aurait apporté une touche de poésie supplémentaire à l'écriture de Laurent Gaudé ; le fantastique pur et dur n'est pas ce que j'aurai souhaité lire.

Cependant, l'ensemble du roman est plein de parallèles et de sous-entendus remarquables, notamment lorsque l'auteur aborde le séisme survenu à Naples en 1980 et le confronte à un élément de fiction de son récit. 

Le dénouement est touchant lorsque la mère rentre en jeu mais le final est assez convenu.

 

En bref, Laurent Gaudé est un auteur que j'apprécie découvrir petit à petit. Si sa plume et la poésie qu'il met dans son oeuvre me plaisent énormément, certains choix dans ce titre me laissent perplexe et ne répondent pas à mes attentes. Je ressors de cette lecture très mitigée entre la complexité maîtrisée des sujets abordés et le décrochage fantastique qui gâchent les sentiments réels des personnages...

 

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Ce roman me permet de participer au challenge Un mot, des titres pour le mot Enfer.

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Pour aller plus loin :  La bibliographie de l'auteur

 

Sur le blog, du même auteur : 

Le soleil des Scorta

 

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