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Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. Que s'est-il réellement passé cet été là ?

Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? 

 

Frise

 

Ça sert à rien d'avoir peur. Il est trop tard pour ça.

 

J'ai d'abord été très sceptique face au style de l'auteur : un premier chapitre qui s'adresse au lecteur en guise de prologue, d'avertissement à ce qui va suivre puis de nombreux changements de points de vue m'ont fait me demander si j'allais arriver à assimiler toute l'intrigue. Finalement, c'est sans doute le point que j'ai préféré dans cette lecture !

Le petit bémol réside dans le fait que l'histoire se déroule au début des années 1970 aux USA et que de très nombreuses références culturelles sont parsemées au fil des pages : je pense qu'il faut être américain ou très fan de l'époque pour comprendre la plupart des allusions aux films, musiques, grandes marques phares de cette décennie.

 

Lee Martin excelle également dans le développement de ses personnages. Le lecteur est sans cesse ballotté entre apitoiement et dégoût ; une sensation de malaise est palpable du début à la fin du roman.
C'est notamment le cas concernant M. Dees, prof de maths vieux garçon à qui la solitude pèse énormément et qui se raccroche à des réactions insignifiantes pour la plupart d'entre nous jusqu'à frôler les limites de la décence et de l'innocence. Certaines scènes sont vraiment malsaines : l'homme ne voit pas le mal dans ses actes ni l'image perverse que cela renvoie aux personnes qui l'entourent et au lecteur.
Tous les personnages que l'on rencontre ont une part d'ombre qui va faire planer le doute sur leur culpabilité.
L'intrigue repose sur le suspense psychologique mis en place par l'auteur : cette reconstitution des jours qui précèdent et suivent le drame ne fait qu'alimenter les soupçons du lecteur jusqu'à la dernière page.
J'ai bien aimé le fait que, pour une fois dans ce genre d'histoires, on ne se focalise pas sur la victime mais sur l'entourage et les éventuels suspects. Cela permet d'éviter des passages trop larmoyants sur la situation de Katy, la petite fille et de casser le rythme si bien installé ici.
L'auteur aborde l'air de rien de nombreux sujets sociétaux de l'époque qui sont encore plutôt actuels : solitude, précarité, rejet de la société, etc.. On ressent tout de même une certaine naïveté et une innocence propres aux années 70, il est aujourd'hui impensable de laisser notre petite fille de 9 ans seule dans la rue sans penser au pire !
La tension est à son comble jusqu'aux dernières pages mais en refermant le roman, j'ai eu l'impression qu'il me manquait quelque chose. Les explications sont là, le mobile et le coupable sont clairement annoncés mais l'ambiance de ce roman est tellement intimiste que l'on se sent comme délaissé lorsqu'on tourne la dernière page.
Lee Martin nous livre également des notes de fin d'ouvrage très intéressantes sur cette époque et son inspiration.
 

En bref, un thriller psychologique maîtrisé ! Malgré une idée de base très classique, Lee Martin renouvelle l'intrigue grâce à une mise en place et une ambiance très originales, des personnages touchant de crédibilité et une atmosphère malsaine récurrente au fil des pages.

 

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